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Serres, juillet 2000

 

Cher ami gourmet,

 

les travaux ne sont pas pressants, et l’avantage que l’on y trouve est, incontestablement, le fait que l’on peut pendre un peu de temps pour échanger des nouvelles entre voisins ou en famille. Cela s’est toujours fait et se pratique encore.

Vous savez certainement que dans nos campagnes, chaque famille a deux noms : le nom d’état civil et le sobriquet. On utilisait plus volontiers le second. La coutume s’est maintenue d’ailleurs, et dans les conversations en patois, ils sont toujours utilisés.

En voici quelques échantillons, nous les avons toujours à l’esprit : Begatou, Coutari, Papillon, Kouli, Farirou, Pique à Tiou, Mitchaou, Lacrouaix, Courrat, Rassa, Kato, Filladou, Magnan, Le Baïe, etc …. J’ai pris la liberté chez ami gourmet, de glisser celui de ma famille dans la liste …

Je prendrai aussi la liberté de ne pas vous dire duquel il s’agit, mais vous connaissant cher ami gourmet, vous allez rapidement mener votre enquête ! Inutile de vous renseigner auprès de Jocelyne, Elodie, Rachel ou Sylvie qui vous contactent régulièrement. J’ai préféré taire tout cela pour éviter avec elles quelques fines moqueries ou sous entendus … qui auraient tôt fait de prolonger la coutume des campagnes. Vous chercherez donc un peu, et lorsque vous aurez trouvé, s’il vous plait gardez-le !

 

Mais revenons à nos conversations de voisinage.

Autrefois, dans les sujets de prédilection, faute de télévisons et d’images suggestives, les amourettes des jeunes du pays avaient bien-sur une place de choix. Les anciens suivaient de très près les choses, et l’on savait observer les manœuvres printanières. Plus d’un tourtereau a du penser que si les genets pouvaient parler, il faudrait les couper à tout prix ! C’est certain.

Hormis le malin plaisir, non avoué, du chef de famille, il y avait place pour les plus fins calculs, comprenez cher ami gourmet, Auvergne oblige !

« Il faut absolument empêcher Marguerite d’aller voir Toinou, avec les histoires qu’il y a eu avec le grand-père … Si la petite voulait bien fréquenter Gustou ce serait avantageux, les parcelles sont voisines, et c’est une famille bien, elle ne serait pas malheureuse … Le petit, il serait bien avec la petite Fariri, sa mère est un sacré cordon bleu. D’ailleurs pour les batteuses, on trouve chez eux la meilleures table de la commune. Derrière sa mère, elle a apprit des choses, c’est certain, et j’en profiterais si elle venait à la maison ! »

 

Cher ami gourmet, le beau temps va bien venir, et celui des grillades et brochettes aussi. Alors goûtez-les, vous comprendrez mieux le chef de famille !

Á bientôt de vous revoir ! »

 

Lettre authentique écrite par Jean-Luc Combe, en Juillet 2000

(Photo extraite de  Jours d’Auvergne – J. Mallouet – M. Delaguilhaume )

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